Billet d’humeur : Bon Air !

Maintenant que j’ai les fesses confortablement posées dans le similicuir d’une cabine hautement pressurisée, je peux prendre un peu de hauteur afin de m’énumérer les foulées de Buenos-Aires, que je domine d’ailleurs et qui dégueule de toutes parts ses veines de béton, entre les nuages moutonniers. Dans ce flot de sensations urbaines, je ressens une joie de choix, celle d’avoir foulé un coin de terre singulier et tonique à la fois, habité par une vie immense et inconnue.

Hétéroclite à souhait, les rues de Buenos-Aires poussent à la marche incessante. Elles  regorgent de nuances, ces quartiers qui au dézoom dévoilent une organisation au quadrillage parfait, bien « à l’Américaine ». Dans cette fourmilière qui regroupe 40% de la population argentine, le soleil de la fin d’été s’infiltre dans les briques et le goudron, et côtoie une fraicheur végétale abondante. Sur les trottoirs mouchetés de boutiques ou dans le métro (el Subte) rempli de touchants demandeurs de pesos, l’on côtoie ce grouillement serein, cette ambiance à la fois sciemment occidentale (le spectre du capitalisme plane, en témoigne le culte qui semble être voué à Coca-Cola), mais aussi timidement tropicale. Les visages blancs des hispaniques se mélangent aux teints halés et aux traits gracieux des peuples natifs. Même si ce stupéfiant cocktail de métissage renvoi avec effroi à un passé et à une histoire coloniale (donc destructrice), ce cosmopolitisme très marqué finit par envouter.

Dans ce lieu où le français semble particulièrement apprécié (tel un Asado bien fumant), notre troupe s’est frottée à un flot constant de gentillesse de la part des habitants. Des passants bien-aidants aux hôtes généreux ou aux commerçants souriants, je me sens bien obligé d’admettre que relationnellement parlant, ce fut « bisounouresque ». Le tout a été bien dopé par notre parlé espagnol des plus folkloriques !

Tout cela ayant été très brièvement déroulé, je peux tranquillement retourner plancher sur la suite – qui n’est en fait que le début – du périple. Bercé par la chaude mélodie de Big Jet Plane, je regarde furtivement par le Nicolas Hublot. Ce Hublot-même qui nous emmène en toute logique vers le bout du monde, vers cette flamboyante terre d’Ushuaia.

Florian Sanfilippo

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Billet d’Humeur n°1 – Bon Air !

4 avis sur « Billet d’Humeur n°1 – Bon Air ! »

  • 2 mars 2018 à 9 h 29 min
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    Idem florian!belle plume! votre périple va être intéressant à suivre à travers vos articles

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  • 2 mars 2018 à 17 h 05 min
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    Complètement d’accord avec le commentaire de Chantal . Je reconnais là le style littéraire de Flo . Quel talent !
    Ces jeunes là (ai lu aussi le second billet )ont une manière d’écrire fort imagée et c’est tant mieux pour nous ! On attend la suite !

    Hey les jeunes : Mettez nous des cartes afin que nous puissions visualiser . Bises

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  • 12 mars 2018 à 19 h 07 min
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    oups ! ai vu la route tracée ! je n’étais pas allée partout sur votre site !

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  • 13 mars 2018 à 19 h 16 min
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    Grâce à vous, on y est un peu; la chance!

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