Dans le ferry qui les ramenait au continent, ils voguaient, un peu dans leur esprit aussi, se remémorant cette semaine passée sur l’île de Chiloé.

 

Dernier territoire du Nord de la Patagonie chilienne, l’île Chiloé est située entre le Canal de Chacao et l’Océan Pacifique. Cette île de la taille de la Corse est bercée par un incessant vent d’Ouest. Les nuages poussés depuis l’océan Pacifique viennent buter contre la cordillère des Andes et noient les chilotes (habitants de l’ile) sous des trombes d’eau. Ici il pleut 300 jours par an. Le paysage n’est que denses forêts et verts pâturages parsemés de vaches.

 

A Chiloé, on dit qu’il n’y a que deux saisons dans l’année : « dix mois de pluie et deux mois de soleil en janvier et en février ». A tel point qu’à Cucao, le seul village situé à l’ouest de l’île sur la côte Pacifique, les tombes du cimetière sont toutes à l’intérieur de petites cabanes en bois.

 

 

Lorsque vous tapez le nom de l’île sur Google, vous avez de fortes chances de tomber sur des photos d’églises. Chiloé est – surtout – connue pour ses églises. Sur les 300 que compte l’île, 16 d’entre-elles sont classées au patrimoine de l’Humanité par l’UNESCO depuis 1999. Leur style architectural unique, entièrement en bois, est né de l’union de deux cultures : la culture jésuite et celle des peuples indigènes.

Malgré leur classement UNESCO et leur notoriété certaine, les églises n’ont pas l’air de subir la forte pression du tourisme international. Ce tourisme de masse qui dénature, déshumanise, banalise et anthropise. Ce tourisme symbolisé par ce bus, rempli de touristes munis d’un bras motorisé d’une perche à selfie. Le bus s’arrête devant l’église, le moteur tourne et crache son mauvais air. Il repart au bout de 2 minutes, une fois les touristes rassasiés de photos d’eux posant devant le monument – à la manière d’un trophée collectionné.

L’Eglise de Dalcahue.
L’Eglise de Tenaun.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur l’Ile Chiloé, les églises sont préservées, discrètement indiquées et se fondent dans le paysage de la bourgade qui l’entoure. La piste asphaltée ne va généralement pas jusqu’à elle et il faut fréquemment emprunter une route en terre à peine carrossable pour y arriver. Pas non plus de parking pour autobus ou de pancarte aux couleurs criardes qui indiquent sa présence… Et surtout jamais personne, pas un touriste… enfin presque, vous aurez peut-être la chance de croiser 5 français dans leur voiture de location. En basse saison, les températures peu clémentes chassent rapidement les touristes jusqu’à l’été prochain.

 

 

L’île Chiloé est vraiment particulière : une ambiance spéciale qu’on ne retrouve nulle part ailleurs au Chili. Cela vient peut-être des êtres légendaires qui peuplent l’imaginaire collectif de Chiloé. Ces créatures mythologiques ont divers rôles expliquant ainsi la création de l’archipel chilote, la naissance et la disparition de certains habitants mais aussi le manque, l’abondance, la fertilité, la maladie ou la mort. Ces créatures, d’origines indigènes et européennes mettent en  évidence la colonisation, le syncrétisme et le métissage insulaire.

Sculpture du Trauco, ce petit être semblable à un nain, sans pieds, qui vit dans les profondes forêts de Chiloé.

 

L’île compte d’autres particularités, comme ses 200 variétés indigènes de pommes de terre. Certaines sont violettes, grises ou en formes de croissant (accompagnées d’un pavé de saumon, elles sont succulentes). Sur Chiloé poussent aussi des gousses d’ail énormes, qui feraient pâlir plus d’un vampire.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Il pleuviote sur l’île des chilotes
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3 avis sur « Il pleuviote sur l’île des chilotes »

  • 3 mai 2018 à 10 h 53 min
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    Dommage pour la pluie, mais j’ai comme l’impression que ça valait le coup pour cette ambiance particulière. Mon petit doigt me dit que vous avez bien mangé!!!!
    Et le périple continue ……encore beaucoup de richesse en tout genre à découvrir……BISES

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  • 5 mai 2018 à 21 h 23 min
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    Ambiance paisible, on croit entendre le plic-ploc des gouttes de pluie…
    merci de nous avoir conviés à cette incursion dans l’ile des pleurs.

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  • 7 mai 2018 à 12 h 56 min
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    Excellente étape !

    Mention spéciale pour le méga ail 🙂
    Manu devrait y faire un tour.

    C’est hyper founsal.

    Bises et bonne continuation

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