Déjà trois semaines que nous avons mis le pied sur le sol sud-américain. Mais au fait, c’est comment la Patagonie ?

Au Sud du monde, une région indomptable

Par les airs, en bus ou à pattes. Peu importe le moyen de déplacement, chaque arrivée dans une ville-étape est un émerveillement pour nos petits yeux ébahis. En direction d’Ushuaïa et collés au hublot, c’est la Terre de feu qui s’ouvre à nous avec ses pics dégarnis et son sol teinté de couleurs ocres et cendrées. En descendant vers El Calafate, la Cordillère des Andes enneigée embrasse la ville et le lago Argentino et son bleu irréel. En arrivant à El Chalten, petit village argentin niché entre les montages, on côtoie déjà le Parc National Los Glaciares, site classé au Patrimoine de l’Humanité.

Et entre ces quelques bourgades – isolées de plusieurs centaines de kilomètres l’une de l’autre -, c’est une Patagonie sauvage qui se donne aux rares voitures qui s’y aventurent. La steppe, inhospitalière, s’étend à perte de vue. Seuls les guanacos et les condors des Andes ont élu domicile dans cette nature dorée où le puissant souffle du vent n’est jamais loin. Ainsi semble être la Patagonie : multiple, immense et sauvage. Si sauvage, quelle est l’une des régions du monde les moins habitées avec ses 3 habitants au km² !

La steppe patagonne, visible à perte de vue

La Patagonie des Hommes : une terre convoitée

La Patagonie, ce territoire immense, se partage entre l’Argentine et le Chili sur plus d’1,3 million de km². Du Sud au Nord, nous la remontons un mois durant, jamais très loin d’un poste-frontière entre ces deux pays rivaux. Une rivalité sportive avec le foot, sport-roi sur ce continent, mais surtout des conflits politiques historiques[1]. En 1978, les deux dictatures militaires se disputent la souveraineté des îles du Canal de Beagle. Sans compter le soutien de Pinochet à la Grande-Bretagne durant la guerre des Malouines. Bref, on comprend les différends – pour ne pas dire la haine parfois – qui subsistent encore aujourd’hui dans les discours de plusieurs chiliens et argentins rencontrés sur notre route.

Torres del Paine, fierté du Chili nichée au cœur de la Patagonie.

Riche de paysages et d’une nature triomphante, la Patagonie semble aussi être une région à l’économie dynamique. L’industrie du tourisme a bien compris la manne financière possible que constituent les randonneurs et autres baroudeurs. Les hostels qui pullulent dans toutes les petites villes de notre parcours en sont une illustration flagrante, au point même de se demander si des locaux y habitent parfois. Ce n’est pourtant pas tout. La Patagonie semble aussi vivre de sa production de gaz et de pétrole, de son agriculture et de ses élevages.

Précieux territoire donc. Si précieux qu’en 2003, lors de la crise économique argentine, des élus peu scrupuleux ont envisagé de vendre la région aux États-Unis en échange de l’effacement de leur dette[2]. Une idée surréaliste mais bien réelle à l’époque, qui s’ajoute à l’acquisition en masse de terres par des capitaux étrangers en vue de l’exploitation des ressources qui s’y trouvent[3]. Même « au bout du monde », la privatisation et la colonisation par l’argent n’est jamais très loin.

 

Gus.

[1] http://www.lagrinta.fr/ils-se-detestent-argentine-chili&7245/

[2] http://www.liberation.fr/planete/2003/03/04/etat-a-l-agonie-vendrait-patagonie_457539

[3] https://www.petitfute.com/z126-patagonie/guide-touristique/c17375-politique-et-economie.html

 

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La Patagonie, terre sauvage et convoitée
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3 avis sur « La Patagonie, terre sauvage et convoitée »

  • 18 mars 2018 à 9 h 19 min
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    Merci Guillaume pour ce descriptif ,ces rappels bien utilent à ma mémoire et ces quelques références ….très intéressant
    Profitez…

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  • 19 mars 2018 à 18 h 13 min
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    merci Gus de ce point multiforme sur cette magnifique région; hélas convoitise et « valorisation » marchande et financière ont tout pollué, même les plus immaculées et reculées des neiges…

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