Juillet 2018. C’était en juillet 2018 que Gus et Flo sont partis faire cette randonnée de 3j en autonomie près de La Paz. Cela fait donc 4 mois que je pense à ce trek, j’en rêvais presque tellement leur récit était beau ! (http://les-globeurs.fr/le-dindon-et-les-buffles-recit-du-trek-del-choro-gus-et-flo/). 

Nous sommes le vendredi 30 novembre : mon sac et rempli de nourriture pour 3 jours, de bouteille d’eau et du matériel de camping. Accompagné de mon acolyte du jour : Manu – jeune français rencontré 2 jours plus tôt dans la capitale bolivienne – nous sommes parés. Aux mains les bâtons de randonnées qui nous sauverons la vie (ou plutôt celle de nos genoux) car le programme est chargé pour aujourd’hui.

Départ de La Cumbre, à quelques encablures de La Paz, située à 4700m d’altitude. La première heure n’est que montée : l’oxygène se fait de plus en plus rare, mon dos me fais déjà mal, je sens que je n’y arriverai pas… Une petite pause au bout de quelques minutes : on reprend son souffle, on règle mieux son sac à dos, on boit un coup et on repart.    5 000m d’altitude, ça y est nous avons déjà atteint le point le plus haut du trek, ce sera désormais presque exclusivement que de la descente.

On profite du paysage purement minéral. La vue est incroyable !

On repart en empruntant l’ancien chemin Inca à travers la brume. De là nous attendent 2 200m de descente.

Les paysages changent au fur et à mesure de la descente. Nous passons d’un monde minéral et inhospitalier à une ambiance plus verte et accueillante.

La brume se dissipe peu à peu. Nous prenons notre pause déjeuné dans une vallée fertile où se côtoient lamas, vaches, moutons et chevaux.

Les estomacs bien remplis, les muscles reposés nous reprenons notre vertigineuse et interminable descente parmi ce chemin de pierre qui a plus de 600 ans. Sentiment de respect et d’extrême humilité face à ce travail titanesque qu’est le Chemin Inca que j’ai déjà croisé plusieurs fois et que je recroiserais encore.

Nous sommes désormais au fond de la vallée, le long d’un torrent d’eaux mousseuses (nous sommes en début de saison des pluies, nous ne pouvons pas passer là où sont passés Flo et Gus il y a 4 mois).

Enfin, à l’approche du crépuscule, nous arrivons au camp de base et plantons la tente. Nous y rencontrons 2 espagnoles accompagnées, elles, d’un guide. On discute, partage le thé, le repas du soir et allons nous coucher, bien fatigués.

Levé matinal pour ce 2e jour, après un rapide petit déjeuné nous partons tous ensemble : le guide, les deux espagnoles, Manu et moi.

Les paysages du jour sont bien différents de la veille. Nous entrons maintenant dans un monde tropicale où vivent moustiques et autres bestioles. Ici les fougères règnent en maitre.

Nous continuons à descendre, les jambes fatiguent. La végétation se fait de plus en plus dense. L’humidité ambiante nous fait suer. Le rythme de marche est bon. Le sac à dos, moins lourd que la veille, ne me lacère plus les épaules. Les quelques miradors sur le chemin laissent contempler cette nature sauvage.

La pause près de la rivière est salvatrice. On se rafraîchit et on profite de cette nature qui nous est offerte.

Enfin, après 7-8h de marche dans la journée, nous apercevons au détour du chemin notre point d’arrivé du jour.

Le « village » (car il s’agit en réalité de 3 maisonnettes en bois qui se font face) est désert. Juste un porche sous lequel on plante notre tente, une table sur laquelle nous dinons et jouons aux cartes tous ensembles. Et un vue stupéfiante sur la vallée sauvage

La nuit est pluvieuse. Le jour le sera aussi. Nous terminons notre trekking d’El Choro sous une pluie tropicale.

Nous sommes le vendredi 2 décembre, il est 13h et nous arrivons au village de Chairo synonyme de ligne d’arrivée. Les traits du visage sont un peu plus tirés qu’au départ, les vêtements plus mouillés, les muscles tétanisés mais les yeux encore plus émerveillés que le vendredi…

Un trek qui m’avait fasciné lorsque Florian et Gus l’avaient raconté. Un trek qui a tenu toutes ses promesses. D’après mon expérience, plus une rando est difficile plus on s’en souvient : celle-ci devrait rester graver un moment dans ma mémoire


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Le trek d’El Choro chapitre 2…
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2 avis sur « Le trek d’El Choro chapitre 2… »

  • 13 décembre 2018 à 15 h 20 min
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    Incroyable de revivre ce treck à travers ton récit ! Content que tu en gardes un souvenir tout aussi émerveillé que Florian et moi. Que la nature est belle et diverse sur ce parcours ! La nostalgie se fait encore plus grande après cette lecture. L’envie de remettre la mochila sur le dos et de repartir crapahuter sur les chemins démange chaque jour un peu plus. Vivement le jour où nous pourrons (re)partager un tel moment ensemble !

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  • 20 décembre 2018 à 9 h 10 min
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    J’ai beaucoup d’émotion en relisant cette aventure vécue il y a longtemps déjà avec gus … Vous avez l’air d’avoir goûté aux mêmes ambiances changeantes et profondément belles de ce lieu, avec un peu plus d’humidité certes. Merci d’avoir partagé ce récit, et je tiens d’ailleurs à dire que ta plume s’est grandement améliorée depuis le début du périple 😉

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