On l’appelle ici le « Bufeo ». Animal étrange et rare qui peuple les rivières du bassin amazonien. Surnommé le « Roi des eaux sombres » par les amérindiens, il a inspiré de nombreuses légendes chez les habitants, dont celle de se changer en homme les soirs de pleine lune et de mettre enceinte les femmes. Parfois redouté, craint, vénéré ou admiré, le dauphin rose d’Amazonie est un animal quasi fantastique.

Mais quel est donc ce dauphin qui semble sortir tout droit de la préhistoire, quasi fantastique et surtout si différent de ces cousins vivants dans les océans ?

 

Nous avons eu la chance de pouvoir observer quelques spécimens ici à Trinidad, dans la région du Beni, au cœur de la forêt amazonienne bolivienne. Après quelques km pour rejoindre le port nous montons dans une petite embarcation. Nous remontons le Rio Ibaré (affluant de l’Amazone), le long de ses eaux calmes et sinueuses caractéristiques des rivières de la région. Après quelques heures de navigation, au détour d’un coup d’œil, c’est là que nous apercevons furtivement une masse grise sortir des eaux troubles du rio. Quel est donc cette chose ? Un débris de bateau ? Un animal légendaire ? Ou tout simplement le fruit de mon imagination ?

Non c’est bel et bien lui, le plus grand des dauphins d’eau douce, qui peut atteindre jusqu’à 3m de long. Ce fameux dauphin rose qui a si bien su s’adapter à son milieu naturel parmi ces eaux sombres : la nageoire dorsale a laissé place à un membre atrophié semblable à une bosse (plus besoin de vitesse dans ses rios si calmes), en contrepartie ses nageoires pectorales et sa queue sont plus robustes (cela permet une plus grande mobilité pour chasser dans des eaux peu profondes). Sa vue désormais très mauvaise est remplacé par un odorat surdéveloppé (caractérisé par un museau semblable à un bec). Enfin sa couleur rose, qui fait de lui cet être si atypique et si légendaire.

Néanmoins le dauphin rose d’Amazonie reste une espèce menacée. Aujourd’hui il ne resterait à peine 100 000 individus dans tout le bassin Amazonien. En cause, évidemment l’activité humaine : la construction de barrages hydroélectriques, la déforestation, la pollution des rivières due aux activités minières ou agricoles. Autre activité humaine mettant en danger l’animal : la pêche. Considéré comme un concurrent à la pêche il est, malgré l’interdiction et les amendes, massacré. Les pêcheurs se serve également de la chair du cétacé comme appât quand ils pêchent des poissons-chats. Malheureusement cette pratique peut rapporter gros : deux dauphins morts peuvent coûter dans les 2 500$ de poissons-chats en une seule journée.

 

S’il ne veut pas finir comme son cousin de Chine, officiellement éteint depuis 2006, les autorités boliviennes, mais aussi péruviennes, brésiliennes et colombiennes vont devoir mettre les moyens nécessaires pour enrayer cette chute constante des individus.

Cédric

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Sur la route du dauphin rose d’Amazonie
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2 avis sur « Sur la route du dauphin rose d’Amazonie »

  • 2 septembre 2018 à 18 h 43 min
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    Alors la, c’est impressionnant, je pensais que ce dauphin rose était un mythe de photoshopeurs avisés (et avinés). Belle brochette de photo, l’émotion devait être palpable. Malheureusement, comme tout génie de la nature, il faut que l’homme vienne souiller tout ça … merci pour la sensibilisation donc aussi 🙂

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  • 21 octobre 2018 à 22 h 50 min
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    Merci pour ce moment de découverte….et j’imagine l’émotion….Leny souhaiterait que tu l’emmenes un jour…pour cela nous devrons tout faire pour le préserver

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