Ça faisait partit de mes rêves avant de commencer ce voyage….

Aujourd’hui j’écris ces lignes sur un bateau qui remonte doucement le Rio Amazone, dans un hamac accolé à 700 autres, de toutes les couleurs, de toutes les tailles, de tous les tissus…

Bourdonnement incessant et promiscuité du voisinage

Le bateau hamac, véritable aventure, quasi irréel sur l’un des fleuves les plus mythiques du monde. Au total j’aurai fait 13 jours d’un périple presque hors du temps.  D’abord partir de Porto Velho sur le Rio Madeira : la descente du rio aux eaux obscures prend 4 jours pour arriver à Manaus. Ensuite, et après quelques jours de repos et de visites; logés grâce à Couchsurfing et Sydya ; nous reprenons la route fluviale pour 6 jours de remontée de l’Amazone. Arrivée nocturne quasiment une semaine plus tard à la frontière péruvienne et la ville de Tabatinga. Et enfin c’est de là que nous terminons ce voyage hamac à bord d’un bateau péruvien. Il faut compter 3 jours entiers, sur cette véritable épave flottante, pour rallier la ville d’Iquitos.

Il m’aura fallu 13 jours en cumulé pour aller de Porto Velho à Iquitos au Pérou

La vie sur un bateau pendant plusieurs jours pourrait paraître rude, mais elle ne l’ait pas, elle est simplement différente. Dans ce huis clos sans connexion internet, lorsque certain tomberait dans un ennuie abyssal, nous retrouvons les occupations d’antan un peu oublier : on lit, on écoute de la musique, on écrit, on dessine… Mais aussi on joue aux cartes, on fait la sieste, on fait un peu de couture etc…

En générale les journées se déroulent de cette façon : entre 6h et 7h du matin est servi le petit déjeuner. Premiers arrivés et premiers servis, si on veut pouvoir gouter aux quelques rares morceaux de pastèque. Sinon c’est un bout de pain et du café au sucre (ou l’inverse on n’est pas vraiment). Le Brésil, l’un des plus grand producteur de sucre au monde, et on le ressent. Tout est trop sucré : les desserts, les jus, le café… Dans le pays, lorsqu’on vous sert un café, on y met 3 cuillères de sucre d’office et ensuite on vous demande si vous voulez un peu de sucre avec … C’est presque un sketch.  Bref revenons à notre quotidien après cette savoureuse anecdote. Après le petit dej (que je ratais généralement car je restais dormir dans mon hamac), la routine du matin : toilette, puis petite sieste du matin. Puis on se réveille tranquillement en feuilletant un livre ou en écoutant un peu de musique. Très vite arrive 10h30 et l’heure du déjeuner. L’après-midi (ou plutôt l’après 10h30) se déroule ainsi : petite sieste digestive – bien sûr il faut pas forcer – puis quelques discussions et jeux de cartes avec les amis du bateau. Le reste du temps n’est que contemplation des paysages sauvages qui défilent lentement sous nos yeux. Une nature si dense et si sauvage d’où l’on peut à peine apercevoir de temps à autre un singe, un couple d’aras, des perroquets et oiseaux sauvages, quelques capibaras. Entre les deux rives de ce véritable mur végétal se retrouve confiné l’immense fleuve aux eaux troubles. C’est ici que vivent d’autres créatures comme les dauphins gris et les légendaires dauphins roses d’Amazonie que nous avons eu la chance de voir plusieurs fois. La nuit, se sont des milliers d’insectes sortis de dessins animés ou de films d’horreurs qui s’agglutinent autour des lumières du bateau.

Assis à l’avant du bateau, je regarde le paysage lentement s’effilocher. Je repense à ce film d’Herzog et me prends pour Aguirre le temps d’un instant : subissant la lenteur du fleuve et ses interminables lacets. Un voyage qui semble interminable…

Mais chaque soir, le soleil nous offre sont show et l’on se rend compte que la journée est déjà sur point de se terminer. Le spectacle est splendide. Tout devient rose, orange, feu… La scène est répétée tous les soirs, mais jamais je ne me lasse de ces tableaux surréalistes.

Enfin, je me remémore un dicton dit que « voyager lentement, c’est rencontrer rapidement ». Je crois que j’ai largement pu le vérifier au cours de ce périple. Les gens, intéressés et intrigués de voir des étrangers viennent naturellement discuter avec nous. Même si les discussions ne sont toujours pas très fluides à cause de mon portugais approximatif, nous arrivons à nous comprendre. Et puis, il faut le dire, le temps passe lentement sur le bateau, il faut s’occuper. C’est donc autour d’une bière ou d’un jeu de cartes que je fais connaissance avec des brésiliens bien sûr, mais aussi avec des vénézuéliens qui allaient retrouver leur patrie, avec des Cubains qui avaient eux aussi quitté leur pays, avec des péruviens qui retournaient chez eux, avec des Espagnols, des Français, des Allemands, des Colombiens, des Argentins voyageurs et tant d’autres dont je ne connais ni le nom ni la nationalité. La promiscuité rapproche c’est un fait, permettant à cette aventure de devenir une également épopée humaine.

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Sur les eaux de l’Amazone à bord d’un bateau-hamac
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Un avis sur « Sur les eaux de l’Amazone à bord d’un bateau-hamac »

  • 2 mars 2019 à 11 h 37 min
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    Sacrée expérience que ce nouveau moyen de transport et cette nouvelle façon de voyager. Ton récit fait plaisir à lire car il nous éclaire sur ta manière d’appréhender et ta capacité à apprécier chaque instant de ton road-trip (ce qui est loin d’être évient). On voit que tu as pris de la bouteille!

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