« No Pain no Gain » pouvant se traduire par  « pas de récompense sans efforts ». Car oui, pour avoir le droit de contempler les « Tours » du Parc National de Torres del Pain il faut le mériter.

 

Il faut tout d’abord survivre au bus qui relie la petite ville 20 000  habitants de Puerto Natales à l’entrée du Parc National. Nous achetons les billets, certes un peu chers mais rien de bien incroyable pour cette destination qui fait partie des « immanquables » de la Patagonie. Nous montons dans le bus blindé, jusque-là rien de surprenant, nous faisons quelques dizaines de kilomètres sur une piste à peu près ca carrossable, lorsque le bus commence à surchauffer… En réalité il semble que ce soit le chauffage qui déconne et se mette à produire énormément de vapeur d’eau… L’endroit où le chauffage a déconné ? Naturellement au pied du siège de Caroline. Au début la vapeur d’eau était légère et tiède mais très vite la chaleur est montée et la buée a recouvert toute les vitres. Après un instant de frayeur : « est-ce que le bus serait pas en train de cramer là ? », Caroline va interpeller le chauffeur qui s’arrête sur le bord de la route et sans trop se précipiter, ni trop s’inquiéter vient simplement constater le problème. Après quelques minutes de flottements nous repartons.

 

Voilà, la première épreuve du bus passée nous arrivons à l’entrée du parc et nous devons nous acquitter de la somme de 21 000$ Chilenos (soit 28€) une somme assez chère mais qui ne nous refroidis pas. Et c’est là que la deuxième épreuve commence ! Au guichet on nous explique qu’ici on n’accepte que le liquide, qu’il n’y a pas de distributeur automatique, et qu’ils n’acceptent pas non plus les pesos argentins. Et nous qu’avons-nous ? Quelques pesos chilenos mais juste de quoi se payer une entrée, pleins de pesos argentins (mais qui ne servent à rien dans cette situation), un billet de 10 euros ET C’EST TOUT ! Alors là ça devient problématique, on se pose tous ensemble pour réfléchir, on essaye de négocier pendant un bon moment avec les filles au guichet mais elles ne veulent rien savoir, pas de pesos argentins (alors qu’on est à 10km tout au plus de la frontière), et surtout elles ne cherchent pas à nous aider tout en étant limite condescendantes. Bref, si on veut de l’aide ce ne sera pas auprès d’elles. On s’est bien dit qu’on pourrait proposer d’échanger aux autres touristes nos pesos argentins contre des pesos chiliens mais allez échanger plus de 100€ (5 billets à 28€) à des gens qui n’attendent que de rentrer, vous verrez ce n’est pas facile…

Il nous reste désormais deux solutions : envoyer l’un d’entre nous à Puerto Natales, la petite ville de départ, aller retirer la somme suffisante à un distributeur et attendre qu’il revienne. Ou bien continuer à demander aux touristes et aux chauffeurs des bus. On essaye cette dernière solution et finalement on croit comprendre qu’il y a moyen de retirer du liquide à 7km d’ici et le chauffeur du minibus veut bien emmener l’un d’entre nous là-bas. Ni une ni deux je saute dans le minibus. Arrivé là-bas il s’agit en fait d’un café avec la possibilité de me faire du liquide. J’arrive, j’explique ma situation, je demande si c’est possible, il me dit que oui, je lui dis qu’il me faudrait environ 100 000 pesos chilenos et là il commence à faire une tête que j’aime pas, du genre la tête de « oula c’est beaucoup, je ne sais pas si ça va être possible ». Finalement il n’a dans sa caisse que 80 000 pesos chilenos. Je reviens finalement heureux mais frustré auprès de mes 5 autres compères. En leur racontant l’histoire ils me disent que ça peut peut-être le faire avec les quelques pesos chilenos qu’on avait déjà. Et en effet, en recomptant bien, en cherchant bien au fond de nos poches les dernières pièces, le compte est bon – et à quelques pesos près en plus. Ca y est le parc est à nous, enfin, après 2h de galères et de recherches.

 

Vous pensez que c’est fini, que voir les Torres serait désormais un jeu d’enfant. Et bien nous aussi on pensait la même chose et on se trompait car c’est maintenant que le plus dur commence.

Car oui dès le lendemain, pour accéder aux Torres, il nous fallut nous lever aux aurores, braver la fatigue, la faim, le vent qui souffle encore et encore dans ces contrées australes et que rien ne semble pouvoir arrêter, le dénivelé, les heures de marches : presque 5 heures de marche, dont les 2 dernières heures sous une pluie battante à te mouiller jusqu’aux os malgré ton poncho tout neuf, à t’user les nerfs, à te rendre fou.

 

 

Mais, enfin, après toutes ces épreuves la récompense, les trois tours : Torre Norte – Torre Central et Torre Sur ainsi que le glacier à leurs pieds qui distillent des cascades d’eau qui viennent alimenter un lac d’un bleu presque irréel. Le temps n’est pas clément mais nous permet à la fois d’être les seuls sur le site (pas gagné d’avance pour un lieu connu mondialement) et surtout de donner une ambiance encore plus épique à ce tableau déjà grandiose. Les nuages bas permettent de donner un certain secret aux Torres qui ont la tête dans les nuages. Leur  gris rend plus inquiétant ces 3 tours qui se dressent au-dessus de nous.

 

 

Et oui les Torres del Paine se méritent  car malgré toutes les galères : le bus, l’entrée, le vent, la pluie, la fatigue et même en ayant vu des photos avant, cela vaut largement le coup car le spectacle est invraisemblable.

 

Torres del Paine : pas de récompense sans efforts.

 

Cédrico

 633 total views,  1 views today

Torres del Paine : No Pain no Gain
Étiqueté avec :            

5 avis sur « Torres del Paine : No Pain no Gain »

  • 10 mars 2018 à 7 h 24 min
    Permalien

    Et bien …….j’ai souffert avec vous!!!!! Mais aux vues des photos en effet ça vaut le coup d ‘en avoir bavé 😜
    Bises à tous les aventuriers du bout du monde 🌎

    Répondre
  • 12 mars 2018 à 19 h 01 min
    Permalien

    Jeunes, aventuriers , et … très bons sportifs !

    Répondre
  • 14 mars 2018 à 15 h 47 min
    Permalien

    Que de mésaventures ….C’est vraiment l’aventure ! 🙂

    Répondre
  • 16 mars 2018 à 7 h 34 min
    Permalien

    Excellente randonnée, illustrée et commentée avec brio pour les lointains rêveurs que nous sommes.

    Répondre
  • 19 avril 2018 à 10 h 37 min
    Permalien

    Haha j’adore , quand je lis je t’entends presque me le raconter en live ! Que j’aime les histoires qui croustillent et qui témoignent de vraies aventures !!

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *