Troisième vol d’avion de la semaine, direction « Le Bout du Monde » : Ushuaïa. Trois heures passées au-dessus des nuages et puis… l’émerveillement au hublot. L’océan bleu azur s’écrase sur un sol brulé et des pics dégarnis. La Terre de Feu nous tend les bras, nous laissant tous bouche-bée malgré les turbulences de l’atterrissage.

A notre arrivée, nous marchons vers la ville. Sur le bord de route, les lapins prolifèrent autant que les déchets abandonnés. Triste surprise dans cet environnement exceptionnel. En entrant dans la ville, les aboiements de chiens se succèdent, à mesure que nous longeons les résidences pavillonnaires. L’artère principale d’Ushuaïa rappelle les stations de sports d’hiver où les touristes déambulent autour des restaurants et des grandes enseignes commerciales.

28 février 2018 – L’entrée dans Ushuaïa

Le lendemain, armés de nos chaussures de marche et de nos sacs, nous partons à la découverte de la randonnée de Cerro Del Medio qui nous promet « une vue panoramique sur la ville ». L’absence de balisage rend nos premières enjambées incertaines. A l’entrée dans la forêt, des bouts de tissus accrochés aux arbres font office de marquage. Nous nous engouffrons à travers le sentier, en direction des sommets où de rares neiges subsistent encore à cette période de l’année. Les tessons de bouteille, les cadavres d’électroménagers et des blocs de béton encadrent notre traversée. Là-encore, la beauté du cadre est gâchée par la saleté et la stupidité de l’être humain.

A mesure que nous avançons, les détritus s’accumulent.

Après plusieurs kilomètres de marche, nous entamons une redescente qui nous intrigue : les baroudeurs du dimanche que nous sommes ne se seraient-ils pas plantés de chemin ? Évidemment oui. Plus de deux heures de marches vaines. Retour à la case départ.

Le pique-nique avalé, la balade peut enfin commencer. Équipés de nos bâtons faisant office de cannes, nous traversons la forêt dense et belle. A l’approche de la sortie du bois, la montée se fait plus ardue. Ces éprouvantes foulées seront récompensées par un panorama grandiose sur Ushuaïa et ses environs. La montée se poursuit sur un sol dénudé. Les rafales de vent se font plus violentes à mesure que nous avançons vers le sommet où se dresse un glacier encore vaillant en cette fin d’été. En haut, le spectacle est unique, la nature hostile ne laissant subsister ici que des pierres violacées et des mousses jaune citron.

Au bout de la randonnée de Cerro Del Medio, le spectacle est grandiose.

A l’amorce de notre redescente, le souffle du vent rend difficile notre équilibre, nous obligeant même à nous accroupir pour ne pas tomber. La fatigue se fait ressentir alors que nous dévalons la colline à toute allure. Arrivés en bas, nous devons encore franchir un chemin boueux, mettant à l’épreuve nos chaussures de marche, puis la route vers la ville. De retour à Ushuaïa, la bière fait office de délivrance pour nos corps fatigués par 30 kilomètres de marche et près de 10 heures de marche. La cité du bout du monde laissera un sentiment contrasté, où la saleté de l’Homme pollue cet environnement splendide.

 

Au « bout » du monde…

Gus.

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Ushuaïa : 3 jours dans les montagnes du « bout du monde »
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2 avis sur « Ushuaïa : 3 jours dans les montagnes du « bout du monde » »

  • 3 mars 2018 à 8 h 28 min
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    C’est connu,l’l’homme est un réel danger pour la planète même au bout du monde!!affligeant!!

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  • 3 mars 2018 à 15 h 25 min
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    Des mots et des photos qui nous transportent et parfois nous révoltent (non respect de la nature…..) ! Merci pour toutes ces bellles photos et ces bonnes nouvelles. C’est un plaisir de vous lire, votre style est à la fois descriptif et poétique. …
    I

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