A quelques kilomètres de la ville de Chile Chico, se trouve une vallée, théâtre de curiosités naturelles et anthropiques. Luis Alejandro, un conducteur chilien, nous a menés de main de maître à ce lieu nommé Valle Lunar (Vallée Lunaire). A bord de son pick-up, nécessaire sur la route accidentée, nous avons vu défiler les montagnes et la pampa. Au fil de la route, Luis agit en guide et nous partage ses connaissances du territoire sur la faune et la flore. Sa famille est une des premières à s’être installée à Chile Chico, lors de la création de la ville dans les années 1960. Il en exprime une fierté bienveillante et apprécie le fait que nous visitions sa région chérie.
Après quelques tressauts en pick-up lors de l’ultime montée, Luis nous largue en bas du sentier de randonnée. Vêtu d’un ensemble militaire dépareillé, il s’éloigne vers le Rio Jeinemini pour exercer sa passion, la pêche.
On entame le sentier de randonnée situé en fond de vallée, peu à peu le chemin s’efface et laisse place à un sol spongieux rempli d’eau. On lève les yeux, sur les flancs de la vallée surgissent d’immenses blocs de roche ocre et gris anthracite. Ils ont une prestance qui me fait penser aux Moaïs de l’Ile de Pâque, certainement due à leur taille imposante. Au détour de la vallée, la Piedra Clavada (pierre plantée) est isolée des autres roches et se démarque par sa forme qui s’assimile à un totem indien. Notre imagination en détoure des visages de tribus indigènes. A ces pieds, un petit troupeau de vaches paitre. Les vaches ont toujours ce regard doux et maternel qui trahit un trop plein d’amour et une certaine fragilité. Ici, elles semblent être les gardiennes de ce lieu hors du temps.

On gravit un sommet sur quelques mètres de dénivelé, ce maigre effort nous permet de découvrir un panorama sur le Lac Buenos Aires, les sommets enneigés des Andes, l’interminable steppe, les méandres du Rio Jeinemini… Des monts rocheux percent le ciel juste sous nos yeux, ils sont de couleurs pastels, jaunes, roses, gris… Cette chaîne montagneuse est creusée par le temps, de larges sillons la cisèlent comme une simple pâte à modeler.
On poursuit le sentier, il nous mène à la Cueva de Los Manos (Grotte des Mains). Cette grotte abrite des peintures rupestres réalisées il y a plus de 7000 ans. Les peintures représentent des mains et quelques guanacos difformes qui dansent sur la roche. On imagine ce lieu traversé par des peuples andins, de passage sur ces terres mais ancrés avec la Pacha Mama. Des oiseaux chétifs s’envolent dans le ciel, le soleil se reflète sur eux, ils ressemblent à des petites âmes tournoyantes. Ce lieu porte en lui quelque chose de mystique et nous ressentons ici une certaine plénitude.
Nous arrivons enfin à la Vallée Lunaire, des blocs de roche blancs et friables en forme de champignons reposent sur cette vallée. L’ambiance est lunaire, l’apesanteur s’amoindrie, l’espace autour de nous paraît infini.

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Valle Lunar
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3 avis sur « Valle Lunar »

  • 24 mars 2018 à 23 h 18 min
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    On en croquerait un bout…merci de ce voyage

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  • 26 mars 2018 à 18 h 53 min
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    Chouette récit, bien imagé . Z ‘êtes de vrais écrivains tous ! bises

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  • 28 mars 2018 à 8 h 59 min
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    Comme d’habitude un vrai régal de lire vos aventures …….j’adore

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